Chevilly fit partie de la baronnie de La Sarra. Lorsque cette grande seigneurie fut démembrée en 1623, à la mort de Joseph de Gingins, Chevilly forma une seigneurie qui échut au fils cadet du défunt, nommé Joseph, comme son père.

Le nouveau baron de La Sarra, Sébastien de Gingins, n'était guère aimé de ses frères cadets, les seigneurs d'Orny, d'Eclépens et de Chevilly; aussi s'empressèrent-ils de faire, à l'exclusion de leur aîné, un testament réciproque, que Joseph compléta plus tard.

Au cours de la guerre de Trente ans, Joseph, resté célibataire, forma avec quelques gentils hommes du Pays de Vaud, un petit corps de cavalerie qu'il conduisit à l'armée de Gustave-Adolphe, roi de Suède. Grièvement blessé à la bataille de Lutzen, le 16 novembre 1632, il mourut peu de jours après à Mülhausen en Saxe et fut enterré dans l'église de cette ville.

La seigneurie de Chevilly passa alors entre les mains du frère du défunt, Jean-François de Gingins seigneur d'Orny, mort en 1645, puis au fils de ce dernier Georges de Gingins, officier au service des Etats Généraux, tombé sur le champ de bataille de Montcassel, le 11 avril 1677. Georges, veuf et sans enfants de sa femme Anne-Claude de Gingins-La Sarra avait institué comme héritier son neveu David-François, fils de son frère, Daniel-Henri de Gingins, seigneur de Pompaples, avec substitution en faveur de Joseph de Gingins, seigneur d'Orny, son frère aîné.

David-François de Gingins étant mort jeune en 1692, la seigneurie de Chevilly parvint à l'héritier substitué Joseph de Gingins d'Orny, mort en 1709, puis au second fils de celui-ci, David-Henri de Gingins, mort en 1723, tige des derniers seigneurs de Chevilly. Joseph-Salomon fils de Daniel-Henri, décéda à l'âge de 29 ans, en 1728, ne laissant qu'un fils, âgé de six mois, Wolfgang-Charles de Gingins.

Le dernier seigneur de Chevilly fut un homme de haute culture; dans sa jeunesse, il étudia aux universités de Göttingen et de Leipzig, séjourna dans quelques cours allemandes, devint plus tard officier aux gardes suisses au service de France et assista à diverses campagnes. Après son retour au pays, il entra aux Deux Cents de Berne en 1764, devint sénateur en 1780, remplit diverses missions diplomatiques et fut appelé en 1795 à la haute fonction de Trésorier du Pays romand. C'est en cette qualité qu'il fut envoyé en janvier 1798 dans le Pays de Vaud, pour chercher à apaiser le mécontentement; on connaît l'insuccès de cette mission.

Après la chute de la République helvétique, M. de Chevilly alors fort âgé, joua encore un rôle politique à Berne, et mourut en 1811. Avec son fils, Antoine-Charles de Gingins, mort en 1823, s'est éteint le rameau des anciens seigneurs de Chevilly issu de la branche d'Orny.

M. de Chevilly était grand propriétaire terrien; à côté de la seigneurie de Chevilly, il avait hérité en 1760 de la seigneurie d'Orny et en 1776 de la seigneurie de Moiry; avant la Révolution vaudoise déjà, en 1793, il avait vendu les biens dépendants de la seigneurie de Chevilly, estimés 37'487 florins, pour le prix réduit de 31'000 florins aux bourgeois et habitants de la localité formant 42 ménages. L'ancienne maison seigneuriale se trouvait au N. du Village, au lieu dit la Condémine.

La seigneurie devait un cavalier d'hommage; elle possédait une justice composée d'un châtelain et de six assesseurs; le village était administré par un conseil de douze membres.

Au point de vue ecclésiastique, Chevilly a fait partie, avant comme après la Réformation, de la paroisse de Cuarnens; c'est aujourd'hui une annexe de cette paroisse. L'église a été restaurée en 1898; on y remarque, encastrée dans le mur, une reproduction de la Charmeuse accompagnant un médaillon du peintre Ch. Gleyre, originaire de la commune (1806-1874)m dus au ciseau de M. Raphaël Lugeon, lui aussi bourgeois de Chevilly, comme son père le sculpteur David Lugeon (1818-1895). La dépouille mortelle de Gleyre a reposé au cimetière du village de 1874 à 1896, avant d'être transportée à Lausanne.

La population s'occupe exclusivement d'agriculture; moulin sur le Veyron.

Favey


Famille de Gingins

gingins

 Branches  de Gingins  (1486-1587)
   de Divonne  (1486-1691)
   de Gingins-Cuarnens  (1602-1808)
   de Gingins-Orny  (1623-1833)
   de Gingins-Eclépens  (1623-1911)
   de Gingins-La Sarraz  (1542-1893)
     
 Pays ou province d’origine  Divonne-les-Bains  
     
 Allégeance  Maison de Savoie  (-1536)
   Berne  (1536-)
     
 Fiefs tenus  Seigneurie de La Sarraz  
     
 Demeures  Château de La Sarraz  
   Château du Châtelard  
     
 Charges  Membre du Petit Conseil de Berne  
   Trésorier du pays romand  
   Bailli d'Yverdon  
   Bailli de Gessenay  
     
 Fonctions ecclésiastiques  Abbé de Bonmont  
   Évêque élu de Genève  

        
Sources :